Exposition Collective à la bibliothèque Eleanor London
Le livre imaginé – Canada/É.-U./Mexique
Artistes invités : Gabrielle Laforest, Cara Barer, Estela López Solís, et Guy Laramée.
Crédits photo: ©Cara Barer
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Une autre lecture de notre temps
Les grands musées du monde regorgent de magnifiques portraits de dignitaires ou de bourgeois, de tous costumes, de toutes civilisations et de tous siècles jusqu’au cœur du dernier, dont le statut est affirmé par la présence du livre. Collectionné, relié, possédé, étudié, lu, aimé et, parfois, oublié dans le décor. Dans l’histoire de l’art, à part l’épée peut-être, aucun objet n’a mieux traduit à la fois la force et la fragilité.
D’où l’angoisse hors du commun qui accompagne aujourd’hui les interrogations sur la mutation du livre et sur sa disparition sans cesse annoncée ou dénoncée. Un pilier du monde connu semble menacé de s’écrouler. Des centaines de colloques, petits et grands, se cassent la tête, l’esprit et parfois l’âme autour de cette question dont la réponse est faite d’autant de clichés. L’odeur de l’encre et la texture du papier, par exemple, deviennent les remparts contre le tout-numérique. Les calèches d’autrefois avaient pourtant un charme infini et n’ont pas résisté à la promesse du moteur. Si le livre doit vivre, ce sera pour des raisons liées à son sens et non aux sens.
Mais que seront ces raisons? Encore et toujours, c’est l’art qui explore le mieux un malaise infini, grand ouvert à l’intervention. On y recrée le livre. On le modèle en un objet sublimé ou vaincu, on l’expédie dans l’histoire ou le fantasme, on en fait des entrailles ou des ailes. On y arrive et on y revient, de façon plus obsessive que jamais, en peinture, en sculpture, en photo, en vidéo, par tous les moyens. Comme l’or, le livre a la résilience d’une valeur refuge pour la réflexion de notre temps. Il incarne encore la force et la fragilité, autrement. À défaut de savoir ce que l’avenir lui réserve, il persévère à occuper savamment notre présent.
Ainsi, les livres qui sont mis en images par les artistes invités de cette exposition intelligente et troublante appartiennent toujours à notre réel. Ils ne sont pas imaginaires, mais imaginés. Bibliothèque éphémère, réinventée, où j’aime vous inviter à pénétrer, l’instant d’une autre lecture de notre temps.
Catalogue de l’exposition disponible à la Librairie Monet (8$ chacun ; 5$ membre Léa). Affiche de l’exposition disponible sur commande (50$): annepascale@airelibre.ca
Bibliothèque publique Eleanor London Côte Saint-Luc
5851, boul. Cavendish
Côte Saint-Luc, Québec
H4W 2X8
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La bibliothèque est ouverte :
lundi au dimanche de 10h à 22h



