Artiste multidisciplinaire
Catherine Plaisance œuvre en photographie, installation, dessin et vidéo. On a pu voir son travail, entre autres, au Athens Institute For Contemporary Art (Athens, États-Unis), à la SAS Galerie (Montréal, Canada), à la Galerie Sans nom (Moncton, Canada), à la Maison de la culture Mont-Royal (Montréal), à la Biennale Internationale de l’Image de Nancy (Nancy, France) ainsi qu’à la Manif d’art 3 de Québec (Québec, Canada). Elle réalisa un corpus photographique, en duo avec l’artiste Christian Barré, qui fut présenté dans divers lieux de diffusion, au Canada, aux États-Unis et en Pologne.
Elle est cofondatrice du collectif Les Fermières Obsédées qui œuvre dans l’univers de la performance en proposant des mises en scènes métaphoriques à la croisée de plusieurs disciplines. Elle fut active au sein du groupe de 2001 à 2009 et présenta des performances au Canada, en Australie, en France, en Irlande du nord, au Pays de Galles et en Pologne. Elle est plusieurs fois boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Elle vit et travaille à Montréal.
Démarche artistique
Par le médium photographique, le dessin et l’univers du miniature, le travail de Catherine Plaisance questionne la banalisation de l’événement désastreux produite par le débordement d’images de catastrophes présent dans les médias ainsi que dans la culture populaire. Elle met en scène divers codes qu’elle réorchestre dans un langage oscillant entre document et fiction. Ceux-ci sont appliqués dans des mises en scène où l’humour noir est bien présent et permet de faire basculer la scène dans un registre de questionnement et de mise à distance. Le miniature, ainsi que le montage photographique lui permet de mélanger habilement le réel et l’imaginaire tout en nous révélant, avec évidence, les espaces transposés entre ces états. Cette manière de travailler accentue la position de l’artiste à vouloir dévoiler des statégies, qui souvent rendent captif le spectateur et le détourne du sens réellement tragique de la nouvelle fâcheuse. La clarté de la facture visuelle présente dans son travail nous permet d’entrevoir chacun des contours de l’œuvre ainsi que l’étendu de son déploiement dans l’espace réel et l’espace onirique.
La série de photographies intitulée L’anéantissement d’une promesse, réalisée en 2008-2009 propose des montages photographiques se présentant plutôt comme des fantasmagories que d’authentiques documents. Des superpositions de plans photographiques nous conduisent dans un espace bricolé et fabulé où il y a vraisemblablement eu catastrophe. Le travail intitulé La porte d’eau, présenté lors de l’événement Art souterrain en 2010, proposait une photographique d’un couloir du Palais des Congrès de Montréal en train de se remplir d’eau. Une porte vitrée séparant deux sections de couloir, était recouverte d’une photographie présentant ce lieu, avec l’incrustation d’une image de plan d’eau. Cet effet visuel marquait la volonté de créer une dystopie insérée à même l’architecture de l’endroit. Le projet Ethnographie d’un désastre propose, quant à lui, des dioramas miniatures présentés dans des boîtiers, illuminés de l’intérieur. Ceux-ci présentent des scènes de désastres naturels troublant le paysage famillier d’endroits connus, se trouvant tout près de nous. Le miniature, créant une réelle facination, ainsi que les vitrines derrière lesquelles ces scènes sont données à voir provoquent une sorte de distanciation presque humoristique avec l’événement fâcheux.



