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0 Commentaire | Feb 02, 2011

Julie Trudel

Artiste peintre

Par le biais de la peinture abstraite, l’artiste montréalaise Julie Trudel questionne les tensions produites entre l’ordre et le chaos, entre la contrainte et la liberté qu’elle permet curieusement. Depuis 2008, on a pu voir son travail dans des expositions de groupe, entre autres Peinture fraîche et nouvelle construction à la Galerie Art Mûr (2010), Pictural, expérimental, textural, matérial à Shimonoseki au Japon (2009), ainsi que Liaisons insolites (2010) et Transhumances (2008) à L’art passe à l’Est. Bachelière de l’UQAM en arts visuels et médiatiques (2009) et en communication (2000), elle y poursuit toujours des études, cette fois à la Maîtrise en arts visuels et médiatiques. L’intérêt de son projet de recherche sur l’utilisation de contraintes processuelles pour l’exploration des procédés en peinture abstraite lui a valu l’obtention de bourses de recherche du Conseil de la recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) en 2009 et du Fonds de recherche sur la société et la culture (FQRSC) en 2010. Ses tableaux font partie de collections particulières au Québec et en France.

www.julietrudel.ca

Démarche artistique

Ma pratique de la peinture abstraite questionne les tensions produites entre l’ordre et le chaos, entre la contrainte et la liberté qu’elle permet curieusement. J’aborde ces positions paradoxales par une exploration méthodique des procédés picturaux au moyen de règles précises, qui autorisent l’intervention de l’aléatoire. Par ce processus de travail proche du jeu, j’emploie le procédé pour lier étroitement couleur, matérialité et forme, sans faire appel aux notions de composition et d’harmonie chères à la peinture abstraite formaliste. Je souhaite exploiter toute la complexité perceptuelle générée par le tableau, qui nous interpelle par son effet visuel, sa qualité d’objet et son processus de fabrication aussi manifeste qu’énigmatique.
Au départ d’un projet, je choisis un système de représentation omniprésent au quotidien, qui rationalise une réalité complexe, comme les codes de couleurs numériques. Ce système devient un prétexte pour établir un protocole de travail simple : une gamme de couleurs restreinte, un motif, un procédé d’application de la peinture, un principe de composition non hiérarchique (allover). Au sein de ce protocole, certains paramètres introduisent du hasard, comme l’utilisation de peinture liquide difficile à contrôler, l’inclinaison du tableau pour faire déraper la peinture, ou le mélange chaotique des couleurs. Le procédé est répété de manière sérielle, tant que surgissent des configurations imprévues. Elles peuvent être générées par le système ou par ses effets secondaires, comme les tableaux manqués et les résidus de peinture récupérés. J’investis la peinture comme un terrain d’expérimentation fertile où l’émergence de formes visuelles nouvelles est toujours possible.