Démarche artistique
Je construis des repères pour des lieux de mon environnement immédiat, en particulier ceux qui semblent vides, désaffectés ou qui offrent une perspective. Je travaille à partir de ces contextes et d’une recherche documentaire. Avec ces informations, je produis des représentations du lieu et interviens aussi directement dans celui-ci avec des installations. Ces interventions ajoutent des informations perceptuelles. Je cherche à augmenter la portée du regard des usagers. Le caractère ciblé de mes interventions agit au niveau congnitif en pointant les éléments les plus significatifs de l’experience du repérage spatial, social, politique… Après m’être intéressée à l’espace des rives du fleuve Saint-Laurent, ma production récente investigue l’architecture. Actuellement, celle de l’UQÀM, architecture ingrate et rébarbative, je développe un corpus d’œuvres pour saisir les liens entre la structure idéologique, le plan architectural et la politique des espaces.
Le projet uquamien de 1979 était résolument postmoderne par son développement des savoirs inspiré de la pensée de Lyotard et par sa réponse aux besoins de la population québécoise d’alors pour un accès à l’éducation supérieure. Cette conception nouvelle du savoir a eu une incidence sur le plan architectural de la première phase du projet architectural. L’absorption de bâtis architecturaux religieux à un ensemble laïque, les choix esthétiques, les matériaux, l’ouverture sur la ville ne fait pas l’unanimité auprès de ses usagers encore aujourd’hui.
Qu’en est-il de ce décalage de perception entre l’usager-artiste-étudiante que je suis et le projet architectural et institutionnel ? Ma méthode de travail pour répondre à cette question est basée sur ma pratique de l’installation in situ, mon usage du lieu, la cueillette d’informations provenant d’archives, du service de l’architecture, d’entrevues avec des employés de l’UQÀM et d’expositions.
Je poursuis, avec cette méthode de travail, mon intérêt pour l’espace et la perception de celui-ci par la fréquentation, la déambulation. Ma recherche tente de mieux comprendre et mes interventions de transformer, pour un temps, la perception d’un lieu. Peut-être pour mieux cibler le décalage constant entre l’architecture et l’utilisation ou l’appropriation qu’en font les usagers.



